Débats de la Chambre des communes: Les aînés

    Monsieur le Président, nous avons désespérément besoin d'un plan pour relever les défis liés au vieillissement de la population canadienne. Il faut dresser un plan efficace et pratique pour les aînés au Canada, dont le nombre s'élèvera à près de 10 millions au cours des 25 prochaines années.
 
    L'association médicale canadienne réclame une stratégie globale pour les aînés, car elle comprend les déterminants sociaux de la santé et les besoins futurs. On est en meilleure santé lorsqu'on est bien logé et bien nourri, il s'ensuit moins de visites à l'urgence, de plus rares et de plus courtes périodes d'hospitalisation ainsi qu'une consommation réduite de médicaments sur ordonnance. En bref, vivre dans la dignité est bon pour la santé et réduit le coût des frais médicaux à long terme pour l'ensemble des Canadiens.
 
    Lorsque le gouvernement au pouvoir adopte des mesures qui feront grimper le nombre d'aînés vivant dans la pauvreté, il alourdit le fardeau sur les soins de santé et les structures d'entraide. Il se décharge de ses responsabilités fédérales sur les provinces, les municipalités et les familles. Absolument rien ne justifie qu'un seul aîné canadien vive dans la pauvreté. Sans compter que la solution de rechange — qui, au demeurant, est tout à fait réaliste — est logique sur le plan financier. Il est de notre devoir de nous attaquer au problème de la pauvreté chez les aînés, car l'inaction nous coûtera beaucoup trop cher.
 
    Je l’ai déjà dit, le nombre d’aînés au Canada, qui était de 4,2 millions en 2005, devrait augmenter à 9,8 millions en 2036. Considérant que le nombre de retraités augmentera considérablement dans les années à venir, nous devons prévoir dès maintenant des mesures qui permettront d’éviter une hausse dramatique du pourcentage d’aînés vivant dans la pauvreté.
 
    Une étude publiée en septembre par l’Université Laval révèle que la modification imposée par les conservateurs qui fait passer de 65 à 67 ans l’âge d’admissibilité à la Sécurité de la vieillesse touchera surtout les plus démunis. Elle fera passer le pourcentage d’aînés vivant dans la pauvreté de 6 % à 17 %. L’étude signale ensuite que le gouvernement pourrait réaliser autant d’économies en faisant d’autres changements qui auraient moins de conséquences pour les personnes âgées se trouvant dans la catégorie de revenu la moins élevée. Il est clair que le gouvernement ne prépare pas le Canada à faire face à cette augmentation du nombre d’aînés, sans parler du fait qu’il ne fait rien pour s’assurer qu’aucun aîné ne vive dans la pauvreté aujourd'hui.
 
    Outre cette recherche faite par l’Université Laval, des travaux récents de chercheurs de l’Université de la Colombie-Britannique démontrent qu’un régime universel d’assurance-médicaments — ce qu’ont déjà tous les pays développés du monde ayant un régime d’assurance-maladie — permettrait d’économiser des milliards de dollars. Un tel régime serait bénéfique pour tous les Canadiens, surtout pour ceux qui vivent dans la pauvreté, et il assurerait certainement qu’aucun aîné ne vive dans la pauvreté au Canada.
 
    Un régime national d’assurance-médicaments, une stratégie nationale du logement qui permettrait aux aînés de demeurer dans leur maison aussi longtemps que possible, et un système accessible de soins de santé vraiment universel et abordable qui tiendrait compte des besoins particuliers d’une population vieillissante: tous ces éléments devraient faire partie d'une stratégie efficace sur le vieillissement.
 
    La solution préconisée par le gouvernement pour alléger la pauvreté chez les aînés et faciliter leur accès aux ressources consiste à offrir des allégements fiscaux à ceux qui n’en ont pas besoin et à annoncer en grande pompe des stratégies inefficaces comme le Régime de pension agréé collectif. Nous avons beaucoup entendu parler de tout ce que le gouvernement perdra en recettes en raison des comptes d’épargne libres d’impôt, un autre luxe qui profite à une très petite partie de la population. Curieusement, à leur arrivée au pouvoir, les conservateurs ont augmenté le Supplément de revenu garanti. Ils ont oublié tout cela depuis.
 
    Les néo-démocrates ont un plan qui fonctionnerait. Quand nous formerons le gouvernement, nous allons le mettre en œuvre.
 
    Monsieur le Président, nous savons que le Canada est aux prises avec des changements démographiques majeurs. Notre population vieillit. Notre taux de natalité est en déclin. Les baby-boomers sont nombreux à prendre leur retraite. Les gens vivent plus longtemps et sont en meilleure santé. D'ici 2036, près d'un Canadien sur quatre aura plus de 65 ans, alors qu'il y en a un sur sept aujourd'hui
 
    Il y a 40 ans seulement, il y avait sept Canadiens en âge de travailler pour chaque personne âgée de plus de 65 ans. Aujourd'hui, il n'y en a que quatre. Dans moins de 20 ans, il y en aura seulement deux. Cela a de profondes répercussions sur la viabilité d'un certain nombre de prestations et de programmes. C'est pourquoi le gouvernement est déterminé à faire en sorte que les programmes comme la Sécurité de la vieillesse soient encore offerts aux Canadiens non seulement aujourd'hui, mais aussi dans l'avenir.
 
    En 2012, des modifications ont été apportées pour assurer la viabilité future du programme. L'âge d'admissibilité aux prestations de la Sécurité de la vieillesse et du Supplément de revenu garanti passera graduellement de 65 à 67 ans à partir de 2023, et la hausse atteindra sa pleine mesure en 2029. Il y a donc une période de transition importante qui donne suffisamment de temps aux Canadiens pour adapter leur cotisation à un régime de retraite afin d'atténuer les effets de ces changements.
 
    D'ici là, pour aider les Canadiens à planifier leur sécurité financière, Service Canada a mis à jour la calculatrice du revenu de retraite canadienne. Cet outil en ligne procure aux Canadiens des renseignements importants sur les différentes sources de revenu de retraite, y compris la Sécurité de la vieillesse et le Régime de pensions du Canada.
 
    Nous avons également apporté des modifications aux programmes de sécurité du revenu afin de donner plus de choix et de flexibilité aux Canadiens concernant leur vie, le travail et la retraite. De plus, les régimes publics de pensions du Canada ont joué un rôle prépondérant dans la réduction de l'incidence de la pauvreté chez les aînés.
 
    Le pourcentage d'aînés à faible revenu est passé de 21,4 % en 1980 à 5,2 % en 2011. C'est l'un des pourcentages les moins élevés des pays industrialisés. Ensemble, la Sécurité de la vieillesse et le Supplément de revenu garanti assurent un revenu minimum aux aînés.
 
    L'année dernière, le programme de la Sécurité de la vieillesse a versé des prestations totalisant près de 42 milliards de dollars à plus de cinq millions de Canadiens, dont 1,7 million de retraités à faible revenu. Au cours des dernières années, nous avons bonifié le Supplément de revenu garanti en investissant 300 millions de dollars par année. C'est la plus forte augmentation pour les aînés à faible revenu en plus de 25 ans.
 
    Le gouvernement du Canada est déterminé à tout mettre en oeuvre pour que les aînés du Canada jouissent de la meilleure qualité de vie possible. Nous avons réduit les impôts des aînés et en avons rayé des centaines de milliers du rôle d'imposition en bonifiant le Supplément de revenu garanti et en instaurant le fractionnement du revenu de pension. Nous avons mis en oeuvre une initiative qui cible les travailleurs âgés au chômage et les aide à mettre à niveau leurs compétences et à acquérir une expérience précieuse afin de les aider à rester sur le marché du travail.
 
    Le gouvernement du Canada a pris d'autres mesures qui profitent aux aînés, comme s'attaquer au problème des logements abordables pour les Canadiens à faible revenu. Dans le dernier budget, le gouvernement a réaffirmé son engagement de débloquer plus de 1,25 milliard de dollars sur cinq ans pour renouveler l'investissement dans les logements abordables.
 
    Nous avons bonifié de près de 5 millions de dollars le financement annuel du programme Nouveaux Horizons pour les aînés, déjà financé à hauteur de 45 millions de dollars par an. Ces 5 millions de dollars seront ajoutés de façon permanent
 
    Monsieur le Président, nous sommes tous au courant de leurs plans injustes et inefficaces. Les conservateurs pensent qu'il coûte trop cher de créer un environnement permettant à chaque aîné canadien de prendre sa retraite dignement. Pourquoi ne pouvons-nous pas tout simplement jouer cartes sur table? La Sécurité de la vieillesse, le Supplément de revenu garanti et le Régime de pensions du Canada sont parfaitement viables et ils permettent d'assurer notre avenir.
 
     Doubler les prestations du Régime de pensions du Canada contribuerait grandement à répondre aux besoins de tous les Canadiens en matière de sécurité de la retraite, sans remplir les poches des banques en payant des frais de gestion et d'administration. Un programme universel d'assurance-médicaments permettrait au gouvernement de faire des économies à long terme.
 
    Toutes ces mesures sont des outils à portée de main pour garantir qu'aucun aîné canadien ne vive dans la pauvreté. Les conservateurs ont plutôt augmenté l'âge d'admissibilité à la Sécurité de la vieillesse et pour ainsi dire fait en sorte que davantage d'aînés vivront dans la pauvreté à l'avenir. Pourquoi les conservateurs ne tiennent-ils pas compte des faits et ne laissent-ils aucun espoir aux aînés canadiens?